Les nouveaux formats culturels - n°70 - juin
Sociétés de l’infomation vous présente son numéro de juin
Les nouveaux formats culturels
Le discours sur la culture numérique est plein d’aspérités. Minoritaires ceux qui défendent de nouveaux espaces de création, minoritaires ceux qui préconisent d’avancer et d’innover maintenant. Majoritaires, ou presque, ceux qui consomment sans (trop) se poser de questions, voire sans même le savoir, les formes variées de la culture digitale. Ultra-minoritaires, mais puissants, ceux qui tentent de conserver les anciens modèles, usant de tous les moyens - légaux et politiques - pour garder la main. La fin des clivages est là , devant des espaces d’incompréhension où certains s’arc-boutent tandis que d’autres avancent, et créent. La solution est-elle dans le temps qui passe et les pratiques qui s’installent ? Ou dans les mains de l’industrie qui vend des milliers d’objets communicants avec lesquels on peut tout faire - et le reste ? Puisque l’on parle de culture, évitons de sortir les revolvers et conservons cette part d’esthétique et de création vivante, bien vivante.
Odile Ambry
Face à face
Un réseau, des cultures
Pour écrire Mainstream, Frédéric Martel a interviewé 1250 personnes dans 30 pays. Ethnologue, Jean-Pierre Warnier a écrit La mondialisation de la culture. Loin des préoccupations nationales, l’un et l’autre réfléchissent à l’articulation entre réseau mondial et cultures.
Focus
Formats compressés : chefs d’Å“uvre en péril ?
L’Internet comprime tout pour faire tenir la culture sur des page web. Les nouveaux formats pour écouter de la musique ou regarder des vidéos sont bien pratiques, mais qu’y perd-on ?
Vagabondage
L’incarnation du web…
Parent numérique pauvre, le spectacle vivant ne se donne guère à voir sur Internet. Réservations en ligne - tout juste, et promotion classique. Imaginer ce qui n’existe pas encore entre présence réelle et virtuelle, interaction et création..
Analyse
La radio, une bande à part
La radio est passée au numérique sans se perdre. La diffusion gra         tuite d’origine est renforcée par Internet. Pourtant, l’âme de ce media se risque-t-elle pas de se dissoudre dans les nouveaux formats de production et de diffusion ?
Panorama
Produisons et recommandons
Le cinéma et Internet se trouvent des chemins communs. Le cinéphile amateur rédige ses critiques et les communautés se font et se défont autour de goûts communs. Promenade au pays de la coproduction et de l’aggrégation.
La page de l’Isoc Monde
Programme de soutien aux projets communautaires
Créé en 2005, le fonds de soutien de l’Internet Society a distingué plusieurs projets dans son crû 2010. Voyage dans les 2 hémisphères pour constater qu’Internet se développe partout, et pour tous !
Emergences
Facebook beaucoup de bruit pour pas grand chose
- Un apéro qui tourne mal ? La faute à Internet. - Un cadre licencié après avoir tenu des propos critiques sur son entreprise ? La faute à Internet. C’est devenu une sorte de réflexe : incriminer l’outil plutôt que les personnes qui l’utilisent à tort et à travers. Ce n’est pas parce que le réseau inaugure le temps de l’immédiateté qu’il ne faut plus réfléchir avant de parler. Au contraire.




Dans « stratégie de communication », comme le rappelle David Martinez, responsable de communication de Parcours d’exil, il y a deux mots d’égale importance qui vont de pair : « stratégie » et « communication ». Pour bâtir un plan de communication, la première phase est d’identifier clairement les grandes orientations stratégiques ainsi que la politique de développement de l’organisation. Communiquer efficacement nécessite au préalable un travail en interne sur l’identité de l’association : sa place, son rôle, les messages qu’elle porte. Comme le raconte Annabelle Quenet, responsable du service presse de Médecins du monde « mettre en place une campagne commune à l’ensemble des délégations internationales implique d’abord de travailler sur les valeurs et les fondamentaux de l’organisation ». Un état des lieux de là « où en est » l’ONG s’avère également indispensable afin de mesurer les forces et les faiblesses sur lesquelles interagir pour développer son image et sa notoriété.
« Mais le développement de la notoriété est-il uniquement du ressort de la communication ou aussi de celui du marketing ou du partenariat d’entreprises ? » interroge D. Martinez. Les frontières s’avèrent parfois poreuses entre communication et marketing, communication et lobbying. Pour preuve, certaines associations regroupent la communication et la collecte de fonds en un seul et même service à l’image de l’entreprise où la communication, le marketing et le benchmark sont fréquemment associés. Le marketing a ainsi fait son entrée dans le monde associatif même si on parle plus aisément de « recherche de collecte de fonds » ou de « mobilisation collecte ». La concurrence entre associations dans le domaine du parrainage ou à l’international peut expliquer ce phénomène. « Le marketing permet aussi de développer les moyens de l’association, à l’image du « sac à sapin » initié par Handicap International » ponctue Jean-Christophe Nougaret, responsable communication d’Aide et Action. Reste que la communication et le marketing - même si ces deux services sont étroitement liés n’ont pas les mêmes finalités et que pour « faire une bonne communication, il ne faut pas avoir d’objectif de collecte ! » se défend l’un des participants. Cela interroge en tout cas sur la manière de communiquer car certains sujets sont plus porteurs que d’autres quand il s’agit de communiquer auprès des donateurs. Quel chargé de communication n’a pas déjà entendu « Quand il y a des enfants, ça marche mieux ! ». La communication deviendrait-elle discriminante par le choix des sujets qu’elle décide de mettre en avant ?
Pour lutter contre cette dichotomie entre le siège et le terrain plusieurs associations ont mis en place des groupes de travail regroupant des membres du conseil d’administration, de la direction, de la communication et du terrain afin d’élaborer la stratégie et les actions de communication à mettre en oeuvre, gagnant ainsi en sens et cohérence. « Ce qui marche le mieux c’est quand c’est coordonné avec le terrain. Car sans fond, on ne fait pas de communication » témoigne A. Quenet. L’opération « A défaut d’un toit, une toile de tente » est initiée au départ par les équipes bénévoles de la mission SDF de Paris. Lassés des discours - par communiqués de presse interposés - avec les pouvoirs publics, cette opération au-delà de la volonté de mettre les personnes à l’abri du froid, a eu pour objectif d’interpeller le gouvernement et l’opinion publique sur l’insuffisance et l’insalubrité des centres d’hébergement existants. C’est du terrain qu’est parti cette initiative aux retombées médiatiques importantes. La communication n’est venue qu’en relais et appui de cette initiative.