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Ce
sont des interventions argumentées mais pleines
de nuances (trop ?) qui ont occupé lessentiel
des trois heures consacrées au premier des "entretiens
de linformation" consacré, ce lundi
20 août à Hourtin, à lESB
et au traitement de linformation scientifique.
Pas de procès des médias ou des journalistes
mais une ébauche déchanges entre
des acteurs et des usagers de linformation désireux
de se rencontrer dans le cadre souhaité par Jean-Marie
Charon. Quelques phrases significatives saisies au vol

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Ces sujets sont dominés par la parole
des chercheurs alors que ce sont des sujets à controverse
y compris chez les scientifiques. "
" Pour les citoyens, linfo scientifique (et
surtout santé) doit être désormais
zéro défaut. (
) Et parce que quils
sont de plus en plus nombreux à manipuler de linformation
scientifique, ils condamnent systématiquement les
infos erronées.  |
Les conséquences économiques sur les éleveurs
sont considérables. De même celles que provoque
lamplification de linformation sur limage
de toute une profession (
)
Le pire, cest quand le présentateur du 20
heures utilise lexpression " viande contaminée
".
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Les consommateurs sont tout simplement paumés.
Ils se disent "et moi je fais quoi ?" (
)
Ils perçoivent un souci constant (de la part des
médias) dalimenter un débat mais pas
celui damener de la clarté. ".
La porte parole de lUFC est " sans cesse interrogée
sur des questions scientifiques par les journalistes
"
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Chez nous, on a alterné entre le
meilleur et (
) une certaine propension à
la facilité
au suivi. "
" Jadmets par exemple que lon puisse
critiquer la une que nous avons faite le jour où
lon a découvert pour la première fois
un cas de vache folle dans notre région. Cétait
le résultat dun examen scientifique approfondi
et nous aurions dû (dans le titre) nous en féliciter
" plutôt que de dramatiser lévènement.
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Dans leur courrier, les téléspectateurs
dénoncent surtout lincitation à la
psychose (
) et le manque de rigueur des journalistes,
comme des scientifiques ou des politiques.(
) Ils
déplorent à la fois une complicité
réelle ou supposée avec les institutions
et le manque denquêtes dinvestigation
sur ce que disent (ou ne disent pas) les politiques ou
les scientifiques. |
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La
multiplication des cas d'ESB, l'interdiction
des farines animales,
puis la menace d'épizootie de fièvre aphteuse

Trois heures de débats à
l'ouverture d'Hourtin. |
reposent
la question de l'information mettant en cause la
santé publique. S'impose
ainsi le traitement de sujets complexes, où existe
une controverse entre scientifiques, milieux professionnels
concernés et instances européennes.
Un premier débat le lundi 20 août 2001. |
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On préfère un mot de moins quun
mot de plus (
) Contrairement à
dautres, nous avons évité
de démanteler le service agriculture :
ils sont six (
) sur un total de 530.
Nous privilégions toujours quatre modes
dexpression : tout dabord les faits,
puis le témoignage, lexpertise et
la pédagogie.(
.).

Linfo est trop hachée. Ny
aurait-il pas un vrai problème de recyclage
de linfo ?
" Mais qui écrit donc les titres des
journaux ? "
En septembre 2000, sur le problème du sang,
certains titres et le vocabulaire utilisé
étaient profondément choquants !


Oui, une seule victime parle devant les caméras
et tout le monde est foutu
journalistes,
politiques, scientifiques. (
) Aujourdhui,
tout le monde est acteur ".
" Ici comme dans dautres dossiers, la
presse est fondamentalement conformiste. "
" Contrairement à ce que certains semblent
supposer, noublions pas que pour la presse
quotidienne nationale, les résultats (de
vente liés à la vache folle)
sont
nuls ! 

Dun côté, lAFP est
la source presque unique de nos journalistes.
De lautre, le lecteur regarde le 20 heures.
Donc, ce quil demande à un quotidien
(comme le nôtre), cest surtout de
permettre de digérer linformation,
de pouvoir se lapproprier.

Il y a des mots qui ne passent
pas dans les médias
Celui qui dit "je ne sais pas" passe
pour un mauvais. Résultat : on entend (ou
on lit) cinquante fois le même scientifique,
(
) celui qui passe le mieux à la
télé (
) même sil
na rien publié sur le sujet depuis
des années 
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Animé
par :
Alain Legouguec (France Inter)
avec :
Joël AUBERT (Sud Ouest)
Alain BOULONNE (Yonne Républicaine)
Jean-Marie CHARON (Centre d'Etudes des
Mouvelents Sociaux)
Odile NICOLAS ETIENNE (UFC Que Choisir)
Eric FAVEREAU (Libération)
MARTIN HIRSCH (AFSSA)
Bruno MILLET (Aquibev)
Monique HEROLD (Ligue des Droits de l'Homme)
François Vercelletto (Ouest France)
Rémi Mer (Chambre
d'agriculture de Loire-Atlantique)
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Apprendre,
former, se documenter. Plusieurs fois ces mots sont
revenus dans la conversation dès qu'il s'est
agi de comprendre pourquoi des journalistes avaient
publié des informations non vérifiées.
Dès le début du débat, Jean-Marie
Charon a émis l'opinion que "beaucoup trop
de journalistes pensent quil suffit de fréquenter
les scientifiques pour apprendre (
) Les réponses
des rédactions (de même que la formation
initiale ou permanente) ne sont pas à la hauteur"
"On ne peut pas dire aux gens que les choses sont
noires ou blanches. Les médias doivent apprendre
aux gens la complexité des phénomènes"
a souligné Alain Boulonne, directeur général
de l'Yonne Républicaine. "Comment le journaliste
peut quitter son rôle d'observateur et donner
à mieux comprendre la complexité ."
"Au
sein des rédactions on remarque souvent que les
journalistes apprenant sur le tas deviennent très
vite des spécialistes, poursuit Serge Hirel.
La pression, la précipitation sont à l'origine
de ce phénomène. Il y aura toujours un
chef de service pour dire " tu n'as qu'à
t'y mettre, il y a un journal à sortir"
Il y a quatre problèmes fondamentaux à
mes yeux aujourd'hui :
- Le problème de moyens, en hommes, en financements,
en temps
- Le manque de documentation
- Le manque de recul
- Le problème de la méconnaissance
du métier et des règles déontologiques."
Une
situation familière pour Loic Hervouet, directeur
de l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille
: "Il y a aussi la question de la responsabilité
personnelle du journaliste, conclut-il. On voit beaucoup
de suivisme, de répétitions. Le temps
et l'espace sont de plus en plus réduits. Une
brève qui faisait quinze lignes n'en fait plus
que trois. Du coup les journalistes ne travaillent pas
assez. Je le vois au sein de l'école : les étudiants
veulent tout de suite faire des interviews, appuyer
sur le bouton, partir en reportage, et nous devons nous
battre pour qu'ils continuent à réfléchir
et à lire !"
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Mais
qui sont les experts ? Au nom de quoi donnent-ils leur
avis ? Pourquoi voit-on toujours les mêmes spécialistes
quels que soient les sujets ? Des "spécialistes"
plus médiatiques que compétents, et souvent
à l'origine d'erreurs diffusées dans les
médias ? Des critiques auxquelles les journalistes
répondent : oui mais où trouver le bon interlocuteur
et comment savoir qu'il est le bon ? A cette question
Martin Hirsch, directeur général de l'AFSAA
a donné sa recette maison : "Quand nous devons
constituer un conseil scientifique nous regardons ce que
les scientifiques ont publié. S'ils ont publié
des travaux personnels, c'est déjà une bonne
piste. En revanche, si l'on s'aperçoit que les
seules publications sont des interviews dans la presse,
nous savons que ce n'est pas la bonne personne. Ce qui
fait la valeur d'un scientifique, ce sont ses publications." |
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A
deux reprises, la nécessité d'une nouvelle
charte déontologique a été évoquée
lors de ce premier débat. Une première
fois par la voix de Rémi Mer, directeur de la
communication de la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique
et
auteur d'une étude sur le traitement
médiatique de l'ESB ; la seconde intervention
émanait du journaliste indépendant Serge
Hirel. Mais pour chacun d'eux, cette charte pose une
question : doit-elle être rédigée
uniquement par des journalistes ?
"
Il est important de pouvoir travailler ensemble sur
le rôle des journalistes. Il faut une mise en
perspective et une prise de responsabilité. On
ne peut pas accepter encore des erreurs trop grossières.
On a besoin de trouver une charte mais peut-être
pas tout seuls", a précisé Rémi
Mer...
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