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Une
salle et une tribune très sages, très
compétentes, très absorbées par
leur sujet, sans que pour autant lenthousiasme
soit de rigueur. Mise en perspective historique, point
de vue de journaliste, de syndicalistes : une certaine
nostalgie est de mise. Sans doute parce que les représentant(e)s
de la CGT et de la CFDT préféraient les
temps anciens où ils avaient la primeur du dialogue
avec les médias, sans doute aussi parce quà
linverse, les journalistes aimaient la simplicité
des luttes dantan, avec les bons et méchants,
et parfois même des " happy ends ".
Lillustration dactualité avec lappel
très médiatisé au boycott des produits
Danone na pas suffi à casser cette atmosphère
studieuse, très axée sur la réflexion.
Les différents acteurs de la lutte (ex) des classes
sont fatigués, inquiets de la complexification
(quel mot compliqué) de la nécessaire
couverture médiatique dévénements
chers au cur des Français.

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Parmi les interrogations les plus courantes exprimées
par les téléspectateurs : pourquoi traiter
tel conflit plutôt que tel autre ? et pourquoi cette
standardisation du discours journalistique ?
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Le journaliste est trop rebelle au travail
déquipe. Or, ce que lon nous demande,
ce nest plus seulement de linfo brute mais
de donner des clefs
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" Le journaliste social na plus le monopole
du social. (
) On lui demande dêtre spécialiste
mais on lui pique ses dossiers
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Le
problème principal, cest la course contre
le temps, devoir traiter ces dossiers dans linstantané
(
) Le recul que permet un hebdo, cest bien
grâce à sa périodicité mais
aussi à la structuration particulière de
sa rédaction.
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Ce qui pose problème, nest-ce
pas quil y a une lecture " standard "
de l'économie qui écrabouille les réalités
? (
) Ne faut-il pas vous interroger sur votre rôle
?  |

Dans le traitement du social, les journalistes
(se font) professeurs(...)
Pour ce qui est du boycott, ils (se sont fait) prophètes.
Une réflexion est à mener sur la division
du travail !  |
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Quelle
est la répercussion du traitement des licenciements
par les médias ? Quelle place est réservée
aux conséquences sur le terrain, à l'appel

Le
public des Entretiens de l'info
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et
à la fonction du boycott, à l'impuissance
du politique face à la logique économique,
aux effets de la mondialisation ? La complexité
du traitement de l'information économique et sociale
était au centre des discussions le mardi 21 août
2001 à Hourtin. |
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Animé
par :
Jean Kouchner (Journaliste)
avec :
Véronique Auger (France 3)
Odile Beilloin (FGA CFDT)
Guy Berniere (Association des Journalistes
d'Information Sociale)
Marc Francioli (France 3)
Guy Groux (CEVIPOF)
Francis Laffon (L'Alsace)
Cyril Lemieux (EHESS)
Jean-Louis Prevost (La Voix du Nord)
Alain Renault (CGT)
Ariane Verderosa (AFP)
Bernard Wouts (Le
Point)
Serge Hirel (journaliste
indépendant )
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(sur l'affaire Danone)


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Face
à la multitude des conflits sociaux dans le paysage
français, comment les journalistes et leur hiérarchie
opèrent-ils leur choix ? Pourquoi celui-là,
plutôt quun autre ?
Une première piste évoquée dans
ce débat consiste à pointer les mouvements
qui ont su choisir des stratégies de lutte innovantes,
originales, susceptibles dattirer lintérêt
des médias, lassés " denfiler
comme des perles ", selon lexpression de
Véronique Auger de FR 3, les annonces de plans
de licenciement et de grèves.
Historiquement, souligne Guy Groux, chercheur au CEVIPOF,
ce sont les Lip qui ont ouvert la voie. La longueur
de ce conflit aurait pu dissuader les journalistes les
plus sympathisants, mais les Lip, comme on les a vite
appelés, savaient rebondir, occuper les locaux,
sapproprier le stock de montres, relancer la production
et lintérêt des journalistes.
Autres temps, autres murs, semblent regretter
nombre de participants à la tribune. Larrivée
sur le terrain social des coordinations, notamment celle
des infirmières, a motivé des journalistes
en risque de lassitude : nouveaux interlocuteurs, nouvelles
formes daction, nouveaux terrains dexploration.
Mais lactualité commande de se plonger
dans les mouvements sociaux récents et sur le
large écho rencontré par lappel
au boycott de Danone. Odile Beillon, FGA CFDT, en tire
un premier bilan, soulignant que " leffet
boycott " a permis dattirer lattention
des médias, et de lentretenir. Cest
un point positif, mais rétrospectivement les
participants à la lutte considèrent quil
sagit dune " tromperie pour le consommateur
".
" Pas besoin dêtre original dans les
transports ", remarque avec humour Alain Renault
de la fédération des transports CGT. Les
actions ont un effet immédiat sur les usagers.
Alors se posent les problèmes plus classiques
de relation avec les médias, notamment la difficulté
dexpliquer en un temps très court la complexité
dun conflit en germe depuis des mois et qui vient
déclater. " Il faut savoir sexprimer
en 25 secondes. Peut-être devrons-nous prendre
des cours " a conclu avec la même ironie
désabusée le syndicaliste.
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Toujours
à la recherche des éléments nouveaux
dans ce paysage social, plusieurs intervenants trouvent
important de souligner à quel point la stratégie
des grandes entreprises sest affinée ces
dernières années. Avec une spécificité
notoire en cas de crise : " ce sont de véritables
war rooms, ces cellules de crise ", se plaint Florence
Amalou, présente dans la salle. " ils nous
abreuvent dinformations, de communiqués parfois
toutes les heures ; et nous passons un temps fou à
déjouer leurs pièges. "
Faut-il tenter de lutter sur le même terrain, soffrir
des stages en communication pour être entendu par
les médias ? Linterrogation namènera
pas la tribune à chercher la limite entre information
et communication, question sous-jacente à nombre
dinterventions. |
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