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Nouvelles
révélations dans les grandes affaires qui défraient
la chronique - de Elf à Falcon en passant par les "marchés
d'Ile de France" - choix des images pour traiter la nouvelle
Intifada, importance discutable accordée au phénomène
"Loft Story", etc. le débat sur le traitement
de l'information ne cesse de rebondir. Il se nourrit d'un
décalage croissant entre les destinataires de l'information
et ceux qui la produisent. Manque de fiabilité, irresponsabilité,
dérives spectaculaires, absence de respect de la vie
privée ou de la présomption d'innocence, refus
de débattre de leur pratique, tels sont les principaux
griefs adressés aux médias. De leur côté,
ces derniers suspectent toujours les tentations d'encadrer la
liberté de l'information. Ils reconnaissent aussi qu'il
leur est de plus en plus difficile de situer et exercer leur
responsabilité face aux défis des technologies,
sous la pression, surtout des impératifs économiques.
Ouvrir
des espaces de débats réguliers
Depuis
déjà des années, ce décalage se
double d'une totale incompréhension sur les solutions
à apporter. Les réponses attendues de la part
des destinataires de l'information ramènent toutes
au triptyque : formation - code de déontologie - autorité,
comité d'éthique ou "conseil de presse"
comme chez nombre de nos voisins européens. Si les
deux premières options recueillent des avis plus ou
moins favorables chez les journalistes, la troisième
en revanche conduit à une sorte de mur d'hostilité.
L'intention ne peut être que liberticide. Peut-on
se satisfaire d'un blocage qui conduit depuis près
d'une décennie à ne rien faire, ou tout
du moins à donner le sentiment aux Français
d'une mauvaise volonté des médias à entrer
dans une démarche de discussion et de critique sur
leur pratique ? Critique qu'ils s'autorisent à l'égard
de tous les secteurs de la société.
La
situation est peut être moins bloquée qu'il n'y
paraît. Missionné, il y a deux ans par Catherine
Trautmann, alors ministre de la Culture et de la communication,
j'avais pu percevoir un courant favorable chez les journalistes,
comme chez les responsables de médias, à l'égard
de l'ouverture d'espaces de débats qui se tiendraient
régulièrement, pour examiner, avec les représentants
du public, des personnalités morales ou intellectuelles,
la manière dont avaient été traités
certains sujets de l'actualité, particulièrement
sensibles. J'avais alors proposé un nom à de
tels espaces de débats : les entretiens de l'information.
sans
oublier le public
Avec
l'appui de la Ligue de l'enseignement, organisatrice depuis
déjà vingt ans d'universités de la communication,
un groupe de représentants de syndicats de journalistes,
d'organisations d'éditeurs, d'entreprises audiovisuelles,
d'associations ainsi que des personnalités indépendantes,
s'est mis au travail voici quelques mois. Il a permis que
se tiennent les 20, 21 et 22 août prochains les premiers
"entretiens de l'information". Il a retenu trois
thèmes de débat pour ceux-ci : les questions
soulevées par l'information concernant l'ESB et la
fièvre aphteuse ; les difficultés du retour
sur notre histoire avec les révélations sur
la torture durant la guerre d'Algérie ; les formes
particulières des derniers grands conflits sociaux.
Pour que de tels débats soient fructueux, il est important
que journalistes et éditeurs continuent d'être
partie prenante sur toute la durée d'une telle démarche.
Il faut aussi trouver progressivement les moyens pour que
des secteurs toujours plus larges du public s'y sentent représentés.
Tel est le défi qui s'offre à nous.
Jean-Marie Charon
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