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En
1999 , plus de 60 millions dAméricains ont visité
lun des nombreux sites consacrés à la
santé aux États-Unis. Pour se documenter sur
des médicaments ou sur une maladie, dialoguer avec
des médecins, obtenir des recommandations de traitement
ou des prescriptions de produits achetés ensuite en
pharmacie virtuelle
En France, nous nen sommes
pas encore là. Mais le nombre de sites médicaux
à destination du grand public augmente à toute
allure. Pour le meilleur ou pour le pire ?
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Un
médecin qui vous reçoit sans rendez-vous,
sans salle d'attente bondée, et ce tous les jours,
24 heures sur 24, ça vous tente ? Essayez
donc les Dr Medisite, Planetmedica, Doctissimo, Cvotresanté,
Medimania, Caducée, Egora, Medinweb
Ceux-là
ne vous auscultent plus derrière leur bureau d'acajou,
mais loin, bien loin derrière votre écran
d'ordinateur, sur l'un des sites ou des portails francophones
grand public dédiés à la santé.
Qu'est-ce que ça change ? " Aux Etats-Unis,
lexplosion de ces services bouleverse la relation
patient-médecin ", explique Gwen Bézard,
" Net-économiste " à la cellule
de veille technologique mise en place par Bnp-Paribas.
" Les patients prennent le pouvoir : ils se
documentent avant de consulter, sapproprient leur
dossier médical mis en ligne, constituent des communautés
de patients qui apportent un soutien jugé supérieur
à celui des médecins. " Pour Gwen Bézard,
la France néchappera pas à la "
e-santé ", " ce nest quune
question de temps ".
Cela semble en effet bien
parti. La grande majorité des 9 000 sites et documents
médicaux francophones est encore destinée
aux professionnels ou aux particuliers intéressés
par une maladie précise. Mais à côté
de ces sources dinformations très "
pointues " et peu visitées, on voit sinstaller
depuis le début de lannée une foule
de sites dédiés à la santé
et au bien-être, construits sur le modèle
des magazines vendus en kiosque, linteractivité
en plus. Après tout, ces publications nattirent-elles
pas 4 millions de lecteurs par mois (et de gros revenus
publicitaires), sans parler de laudience des émissions
de télé consacrées à la santé
? |
Un contact virtuel nest pas une consultation
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Le
Dr André Chassort, secrétaire général
adjoint de lordre des médecins, est serein.
" Prendre sa santé en main, sinformer,
y participer, est une aspiration légitime. Quun
patient se documente et soit parfois plus informé
que son médecin sur une affection ou un traitement
nest pas un acte de défiance. Par ses contacts,
sa pratique et son expérience, le praticien restera
le relais incontournable du malade. " Le Dr Nancy
Dickey, présidente de lAmerican Medical Association,
va plus loin : " Les patients qui viennent avec des
informations trouvées sur Internet sont généralement
de meilleurs interlocuteurs que les autres ! " Pour
autant, lordre des médecins, celui des pharmaciens
et le Comité national consultatif déthique
en appellent au bon sens des internautes : une visite
électronique ne remplace pas un examen clinique.
En France, le Web santé se construit dans un autre
cadre que celui de son oncle dAmérique. Les
lois qui encadrent lexercice de la médecine
et la publicité pharmaceutique et médicale
(principale source de financement des sites américains)
limitent les risques de charlatanisme et de prescriptions
dangereuses. Néanmoins, il est utile dappliquer
aux sites visités certains critères de qualité.
Histoire de séparer le bon grain virtuel de livraie
cyber. |
La femme est lavenir du Web
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Lactuelle
phase déclosion tous azimuts ne va pas durer
: tous les nouveau-nés ne se valent pas et nont
pas les mêmes soutiens financiers. Pour survivre
au tri qui va sopérer, il faudra se plier
à quelques impératifs. Investir dans la
qualité, par exemple. Tant sur la forme (design,
interactivité
) que sur le fond (sérieux
des informations, confidentialité
). Il faudra
aussi surmonter un handicap originel : en France, le public
intéressé par la santé est essentiellement
féminin. Or les deux tiers des internautes sont
des hommes. Les opérateurs espèrent que
la hausse attendue de la fréquentation du Net (aujourdhui,
les Français ne se connectent en moyenne "
que " neuf heures par mois à Internet) amènera
plus de femmes sur leurs pages. Grands consommateurs dactes
médicaux, les seniors constituent un vivier intéressant,
mais virtuel, car peu enclin à lusage de
lordinateur. Bref, ce nest pas encore demain
quInternet videra les salles dattente, mais
il contribuera peut-être à les remplir de
patients mieux informés. |
François Toulat-Brisson.
©2000-2001 Viva
Magazine.Tous droits réservés.
Mis à jour le : 09 février 2001
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