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> 14 Unes de la presse quotidienne régionale sous les yeux

 


Le Prix Alexandre Varenne des Journalistes de la Presse Quotidienne Régionale et Départementale s’adresse à l’ensemble des journalistes professionnels, titulaires d’une carte professionnelle (quelle que soit leur ancienneté dans la profession), salariés dans un des quotidiens régionaux ou départementaux de la presse française.
Les articles de journalistes pigistes seront acceptés à condition qu’ils aient été publiés dans un de ces quotidiens.


Le site de la Fondation Varenne :

http://www.famv.com/

 


"Du bonheur, super contente, un vrai plaisir", les lauréats de la Fondation Varenne, cuvée novembre 2000, s'expriment comme aux 7 d'Or. Stars d'un jour, ils savourent leur victoire, et livrent leurs états d'âme à Tocsin.

Bénéficier d'un prix (et de la somme afférente) les réjouit tous. C'est bon pour l'ego professionnel ("petit péché d'orgueil", concède Robert Arnoux), c'est comme une "balise" dans un parcours professionnel, explique Christophe Benoit.
Mais c'est aussi une manière de montrer les compétences et le talent de la presse régionale, qui "a gagné ses galons de presse à part entière" indique David Patsouris. Enfin, c'est une vraie reconnaissance pour un titre comme Nord Eclair, qui lutte pour sa survie contre le "rouleau compresseur" du grand concurrent, s'exclame Florence Traullé.


Règles de bon voisinage

Proximité, c'est le maître-mot, le leitmotiv. Bonheur de la proximité quand on réussit, grâce à un simple article à provoquer une embauche à un jeune super-diplômé, mais... un peu basané, comme ce fut le cas pour F. Traullé. Bonheur du retour immédiat (bon ou mauvais) sur un papier, qui "remet les choses à leur juste place", savoure Mélanie Matarese.
Ah, que la montagne est belle, juge D. Patsouris, du haut de ses Pyrénées, et "que de beaux sujets j'ai à traiter depuis Oloron". Les batailles autour du tunnel du Somport, la somptueuse vallée d'Aspe... et la "quinzaine commerciale qui n'est pas, c'est vrai, mon sujet de prédilection !!".
Mais tous, unanimement, mettent le lecteur sur un piedestal. "Acheter le journal chaque matin, dans une région sinistrée comme la nôtre, c'est un acte volontaire. Le lecteur doit en avoir pour son argent", revendique F.Traullé. "Quand j'écris, je sais que je serai lu par des gens qui sont profs de fac, ou manutentionnaires dans un supermarché. Et il faut que je les intéresse pareillement", souligne R. Arnoux.
Pourtant, la proximité a ses revers. Trop proche, le journaliste local souffre à l'unisson, et c'est parfois un peu lourd. Trop proche, il frôle la connivence et "il faut se garder des complaisances [que cela] pourrait induire", rappelle le journaliste de La Provence.

Toujours plus pro

Euphorie du prix ? Eloignement des centres nerveux de décision ? Dolce vita provinciale ? Ces journalistes ne sont pas inquiets pour l'évolution de leur métier dans les années à venir. Ils pensent tenir la route vis-àvis de leurs menaçants confrères, et notamment la télévision. Sages ou militants, ils parient, à l'instar de R. Arnoux, qu'"un journaliste n'écrira rien de bon sans une solide culture, l'acquis de son expérience, les nuances de sa sensibilité et cette qualité essentielle : l'humble rigueur de l'artisan."
D. Patsouris, ex-futur prof d'histoire-géo, voit l'alliance entre le papier et la réflexion comme inviolable, tandis que M. Matarese rêve qu'Internet lui permette d'allier vie personnelle dans une "ville à taille humaine" et choix du support. F. Traullé reste persuadée du rôle fondamental que va jouer la presse régionale, la place "du maillon qui permette aux gens de se découvrir". Elle emploie, faute de mieux, une expression qu'elle n'aime guère : "le maintien du lien social, c'est notre valeur ajoutée. Les autres médias vont vite, et nous, nous devons aller vers plus de pédagogie, de mise en perspective de l'actualité."
Qu'on se le dise, en écoutant C. Benoit : "la presse régionale se professionalise, cela se sent, cela se voit." Tout en laissant le mot de la fin à R. Arnoux, bientôt 1/4 de siècle d'ancienneté : "la presse régionale vaut mieux que l'image qui, depuis toujours, lui colle à la peau." Un vrai sujet de débat, en tout cas.

Odile Ambry, le 16 novembre 2000.

 

:: Les interviews :

Tocsin vous propose les interviews de chacun des cinq lauréats :

-Florence Traullé,
de Nord Eclair, 1er prix (30 000 F), pour son reportage "Au rendez-vous des marins du bout du monde".

-Robert Arnoux, de La Provence, 2ème prix, (15 000 F) , pour son reportage "Est-Ouest, ce fut le drame de centaines de Marseillais".

Le prix du jeune journaliste revient, à David Patsouris, de Sud-Ouest, (15 000F) pour son reportage, "Julio attend son train".

Deux autres lauréats figurent également à notre palmarès, parmi ceux qui ont été récompensés au titre de la presse hebdomadaire régionale :

1er Prix
- Christophe Benoit, de la Gazette de Montpellier, (20 000F) pour son reportage : "Logement : si tu es arabe, t’as pas d’appart’".

Prix du jeune journaliste à Mélanie Matarese, de La Gazette de Nîmes, (10 000F) pour son reportage : "Moi, Djamel, 21 ans, fils de la Zup".