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> 14 Unes de la presse quotidienne régionale sous les yeux

 

Charles de Laubier,
38 ans, est rédacteur en chef au groupe "Les Echos".
Lauréat 96 du prix "reporter France-Japon" pour une enquête sur l’Internet
nippon et auteur en 1998 d’un rapport pour la commission européenne sur "La
presse écrite face aux évolutions technologiques".

"La presse sur Internet" de Charles de Laubier (PUF) .
Un essai synthétique
sur la jeune histoire de la presse en ligne et une amorce
de questionnement sur les dérives possibles du "magma informationnel" de
l’Internet.



 
 La Presse Quotidienne Régionale a-t-elle une stratégie claire sur l'Internet ?

Ces quotidiens cherchent en tout cas un second souffle. S'il y a une stratégie, c'est d'aller au plus proche du lecteur. C'est l'objectif des city-guides en gestation ou déjà réalisés par exemple par Ouest-France avec Maville, ou par le Télégramme de Brest et le Républicain Lorrain avec Vivalaville. Des sites qui se créent à des adresses spécifiques à côté des sites qui gardent le nom historique de ces quotidiens. Il s'agit pour eux de s'ancrer davantage dans la ville en proposant de l'information clairement utile à leurs lecteurs.

 
Et de réagir face à la nouvelle concurrence ?
Face à Webcity par exemple, un portail dont le maillage régional et local devient important. La PQR se devait de réagir. Ne serait-ce que pour éviter que le marché des petites annonces ne lui échappe.

 Mais pourquoi se "cacher" derrière de nouveaux noms ?

Les quotidiens veulent garder leur titre historique, avec des infos généralistes, régionales, nationales, voire internationales. Mais avec leurs titres dérivés, ils veulent aller vers une info pas uniquement journalistique. Une info qui soit divertissante ou, pourquoi pas, promotionnelle. Il est clair que sur ces sites il n'y a pas que du journalisme pur et dur. Ca peut être de la communication mêlée d'information. C'est le principe du "News you can use". Ils poussent à fond l'aspect pratique. C'est une logique et ce n'est pas à moi de juger ou d'envisager les dérives qui peuvent être engendrées par ces politiques éditoriales.

 Après avoir écrit cette étude, vous vous posez des questions, tout de même ?

S'il y avait des sujets d'inquiétude ce serait évidemment ce mélange des genres, ce magma informationnel qui ne permettrait plus de distinguer entre l'info journalistiquement traitée et ce qui ressort de la "com", qu'elle soit institutionnelle, promotionnelle ou publicitaire. Que l'internaute ne puisse plus distinguer le vrai et le faux. Avec ce chassé-croisé "d'infos", Internet pourrait bien sûr porter préjudice à la crédibilité du journaliste.

Propos recueillis par Pierre-Yves Schneider, par téléphone, le 14 novembre 2000.

 

:: Au lendemain de la seconde guerre mondiale, on comptait en France 203 quotidiens. Ils ne sont que 81 en 2000 pour une diffusion de 8,6 millions d’exemplaires.
25 % de ces titres seulement proposaient fin 1999 une édition en ligne.
Un retard certain par rapport aux voisins européens : 50 % en Allemagne, 75 % en Italie, plus de 90 % en Grande Bretagne.
Source : l’Association mondiale des journaux.
www.wan-press.org


Promenade numérique et locale

Des étudiants en journalisme de l'IUT de bordeaux ont réalisé un hors-série, en ligne, analysant le passage au numérique de l'information locale.
Du site du grand quotidien régional, au webzine de quartier, de la question des droits d'auteur aux mutations des métiers de l'information, en passant par les écueils des modèles économiques, un panorama complet de la situation de la presse locale présentes et à venir.