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Linvestigation
existe sur Internet. Exemple : une contre-enquête sur le naufrage
de lErika encore accessible aujourdhui sur le site dAttac.
Problème : cest bidon.
Un texte, mais quel texte : 50 pages imprimées qui devaient
naufrager Total, le gouvernement français et bien dautres,
entraînés dans le désastre.
Le 14 juin dernier, une certaine Annie Lobbé publie sur le
site dAttac un document exclusif publié à
titre personnel et intitulé : " Chronique du
naufrage de lErika ". Endossée par déminents
acteurs de lInternet collaboratif et citoyen, envoyée
sur nombre de listes de diffusion et de discussion, cette contre-enquête
ne tient pas ses promesses.
Sur un ton dramatique, lauteur (que nous navons pu joindre)
annonce des vérités sur la base de recoupements de
sources exclusivement : articles de presse (en nombre très
limité) et données officielles en ligne. Première
limite, première erreur. Les sources sur le naufrage sont
infiniment plus nombreuses, et donc plus diverses. Negliger la radio,
la télévision et la photo conduit lauteur à
affirmer des faits démentis par ces autres sources. Un vrai
travail de fourmi, néanmoins, mis en valeur par des copiés
collés à la limite du lisible.
Lenquête dAnne Lobbé tend donc à
démontrer que si les compte-rendus du naufrage publiés
dans la presse diffèrent tant, cest que cela cache
quelque chose. Par exemple, et cest une des conclusions les
plus bouleversantes, six personnes auraient trouvé la mort
pendant le sauvetage : un plongeur de la base de Lanvéo-Poulnic,
Pascal Chevalier, et cinq marins indiens de lErika.
Même en se contentant de sources en ligne, il est facile de
découvrir des photos et des interviews du même Pascal
Chevalier, quelques semaines plus tard, dans Ouest-France.
De plus, lannonce spectaculaire du nombre de victimes repose
essentiellement sur létude de la capacité daccueil
des hélicoptères Super Frelon, sur des sites Web dépendant
du ministère de la Défense ou tenus par des militaires
passionnés de multimédia. Avant de se poser comme
expert de matériel militaire, encore aurait-il fallu envisager
des questions/réponses à des spécialistes connaissant
le matériel en usage sur les bases concernées par
le sauvetage et la capacité de transport de ces hélicoptères.
Cette même annonce repose enfin sur des différences
détectées dans des interviews de Roland Primel, chargé
du treuil du premier hélicoptère. Il aurait dit (dans
le Télégramme de Brest) que lhélicoptère
était tombé en panne. Or larticle, consulté
en ligne, reproduit sa déclaration : " Le treuil de
lhélicoptère est tombé en panne
" (En plein milieu du sauvetage, NDLR.) Sachant quAnnie
Lobbé explique la mort du plongeur par cette différence
dans les témoignages, le lecteur attentif, stylo à
la main, en vient à se demander si elle est de bonne foi,
ou sil sagit dune maladroite manipulation.
Odile AMBRY & Cécile
PLET - Le 20 octobre 2000
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